Préambule

J'aime bien inspirer des auteurs, susciter des débats, lancer des idées, partager des sujets. Comme j'ai pris l'habitude de le faire régulièrement, mon blog, tout en étant le même, ne me ressemblait plus vraiment. Les invités s'accumulaient, on ne voyait plus le papier peint ; j'ai donc décidé de faire de la place et de les coller au plafond.

Pour commencer, la rubrique Blogs et... va se poursuivre ici.
(Les anciens messages et la plupart de leurs commentaires ont été transférés ici)

Bienvenus et merci à tous les participants

mercredi 19 novembre 2008

Arrêt de travail ou blog au village

[Contribution de Marc Calvet]

(Quotidien novembre 2008) C'est mon médecin qui m'a proposé de m'arrêter 4 jours. J'ai hésité et je me suis dit que je ferais des heures supplémentaires pour récupérer les jours de carence. J'ai vraiment mal à la tête, des courbatures dans la nuque, le nez complètement bouché et le moral en berne. En écrivant l'ordonnance il m'a parlé de la valve et m'a prescrit les antibiotiques indispensables contre le risque d'infection toujours possible.
Je suis seul à la maison ce matin ma fille est à l'école et ma femme travaille. Le chat et le chien tournent autour de mes jambes. J'ouvre l'ordinateur comme je le fais tous les jours. 3 nouveaux commentaires, 150 visites et 334 pages vues pour la journée d'hier. J'ai eu mon premier ordinateur en 1998. Je l'avais installé dans l'entrée de l'ancienne maison rue des Flamands à la place du minitel près de la prise de téléphone. Le modem se connectait en faisant un bruit terrible, il fallait surveiller le temps de connexion, les pages s'affichaient avec une lenteur incroyable. Je me souviens en particulier du journal intime d'un Canadien et d'un Ukrainien. Je les lisais le soir depuis mon village du sud et cela me paraissait exotique et fascinant. Je m'étais acheté des bouquins d'informatique pour créer mon site. Nous parlions de nos vies, du travail, des enfants et écrivions déjà de petites histoires. Les moyens ont changé mais j'ai toujours cette nécessité d'écrire, d'être lu et de lire les autres. Il fait enfin beau, après des jours de pluies et de tempête. Le linge c'est accumulé dans la panière et un drap sèche sur le haut de la porte. Il faut que je pense à faire des lessives. Je me suis couché tard hier, je voulais finir un texte mais n'y suis pas arrivé. Je me pose trop de questions en ce moment. Mon portable sonne, ma fille m'envoie un texto et me demande comment je vais. Elle s'inquiète un peu, je suis rarement en arrêt. La cafetière fait un bruit infernal. Je prends le drap pour l'étendre au soleil sur la rambarde du balcon et au même moment la voisine, les cheveux en bataille et le visage chiffonné ouvre ses volets. Je prends le temps de regarder le facteur s'arrêter devant chaque maison pour déposer une lettre. C'est drôle ce nom "Marc Calvet . Je me rends compte qu'il me correspond au fil du temps. C'était le nom d'un client. Je l'ai appelé pour un impayé, il avait une voix grave et agréable, il m'a répondu rapidement et cordialement et je lui ai volé son nom. Le chien revient dans mes jambes il est temps de faire une promenade. Le parcours est sensiblement toujours le même. La rue A. Daudet puis je tourne aux anciens Lavoirs face à la Médiathèque Municipale et je reviens par le parking avant de remonter ma rue. Les anciens noms des rues ont été affichés au dessus des noms actuels. Quartier du Barry, rue du grand four, rue de la Chicane, rue Canet L'Aubouissaire. J'ai envie d'écrire quelque chose là-dessus, beaucoup de notes ont été pensées au cours de mes ballades. Il m'arrive souvent de prendre mon carnet et d'écrire assis sur un banc près du café du Mistral ou sur la place face à la mairie et l'église. Je vois souvent des gens branchés sur Internet le soir quand je passe devant les maisons. Je prends parfois le temps de les observer comme un voyeur. Le chien lève la patte sur une roue de voiture et moi et le chat qui nous a suivis attendons patiemment qu'il finisse. Je reviens dans ma rue le drap jaune sur mon balcon est lumineux sous le soleil et bouge doucement. Je sais ce que je vais faire je vais prendre un café sur la place avec un livre de nouvelles, mon carnet et les textes que j'ai imprimés (les longs), ceux que je n'ai pas eu envie de lire en ligne. Je suis en arrêt maladie après tout, j'ai du temps.

28 commentaires:

Gaël a dit…

seul à la maison... sous le soleil en cette saison... quelle chance !

profitez en bien !

martin a dit…

Beau texte très sensible et d'une remarquable simplicité - je tiens cette dernière pour une grande vertu.

On suit votre regard et vos pas en se laissant porter, c'est intelligent et tendre. Les détails sont évocateurs et justes.

Dans ce moment à l'écart du tumulte ordinaire, on a envie d'être votre pote :)

Dorham a dit…

Voici le premier moment de paix du plafond, quiétude, la guerre fait une sieste, l'après-midi va lentement s'allonger...

C'est bien...

mtislav a dit…

J'aime beaucoup cette histoire d'impayé. Un nom emprunté contre une dette... Le guillemet est resté ouvert...

Marc a dit…

Gaël = nous avons parfaitement conscience de la chance que nous avons d'habiter ici. Nous sommes arrivé en 1995 et habitions avant à Reims et la chose la plus importante et géniale à mes yeux était la lumière et cette sensation d'espace au delà du climat.

Martin = Un texte simple bien sur que c'est un compliment Merci ;=)
Je suis partant pour une ballade si vous devinez de quel village il s'agit ;=).
La photo est bien la photo du village.

Dorham = C'est vrai un moment de paix au plafond.

Mtislav = Je fais du recouvrement par téléphone j'en ai parlé dans une note récente et c'est l'exacte vérité.

Nicolas a dit…

Oui ! Beau texte, apaisant.

Marie-Georges Profonde a dit…

C'est vrai que ça donne des envies de promenade avec des chiens et des chats :)
Merci pour le moment d'évasion !
Nous aussi on peut jouer à deviner ?
Euh le village c'est euh... au hasard...
Saint-Barthélémy d'Agenais ?
O:-)

Marc a dit…

Non perdu un effort j'ai dis au bord de la méditérranée. (cliquez sur Marc)

Jeanne a dit…

c'est vrai que le modem faisait un drôle de bruit , et puis ça plantait tout le temps , et c'était long
C'est Louis le bipolaire qui m'a fait faire mes premiers pas sur Internet
c'est bien écrit , j'aime toujours les détails et ton gout incassant de lire les autres
Ton blog n'est pas nombriliste , c'est pour ça que j'y retourne .

Belle idée d'accueillir des textes sur un autre blog

Nicolas a dit…

"le Modem faisait un drôle de bruit".

Il attendait le résultat des élections pour le 1er secrétaire du PS ?

Marc a dit…

ha Jeanne tu es venu ici génial. Merci pour ta remarque "blog et nombrilisme" cela me rappel quelque chose. Parler de soit de sa vie sans être nombriliste,

JEANNE à un excellent blog des anecdotes, du vécu, un regard sur les autres, je vous le conseille.

Mots d'Elle a dit…

Jolie balade, comme toujours, ponctuée d'instants insignifiants mais justement beaux par leur simplicité.
Par contre, j'espère que ton médecin-conseil ne lit pas de blogs, sinon, il va savoir comment tu "profites" de ton arrêt de travail!! sourire! ( tousse un peu que diable, que ça fasse vrai!!)

Marie-Georges Profonde a dit…

Euh Argenton sur Creuse ?

Marc a dit…

Mots d'elle = je t'assure j'étais vraiment malade.

Marie Georges profonde = encore perdu, allez je donne un indice
Cliquez sur Marc mais attention ;=))
Zoridae ne dira rien elle a juré et craché.

Zoridae a dit…

Promis Marc :))

Dorham a dit…

Montpellier,
tu piques les bouquins de bibliothèque d'Audine...

carl a dit…

oui vraiment j'aime bien te lire... j y suis encore...

Marie-Georges Profonde a dit…

Dorham, y'a que moi qui joue. Déjà qu'en tant que seule candidate je perds, alors s'il te plaît.

Et puis nous cherchons un village. Montpellier c'est déjà du gros gros bourg pour un village.
Euh, euh, je clique je clique...

Marc a dit…

Marie-Georges Profonde = Merci pour ta participation si active.
Dorham = tu pourrai faire un éffort.
Carl = Merci pour ta remarque.

Tulipe a dit…

peut-être bien Mauguio ?
pardon Marie-Georges de m'imposer dans le jeu ...
Marc, j'ai aimé ce texte et les autres chez vous.

Marc a dit…

Dommage Marie-Georges Profonde coiffée au poteau par Tulipe. Et oui c'est Mauguio.
Tulipe = merci pour ta remarque sur mes textes.
Mauguio situé entre La grande motte et Palavas, entre étangs, flamands roses, mer soleil et ciel. Merci pour cette participation exceptionnelle. ;=))

Marie-Georges Profonde a dit…

Grumpf ! Pas contente !

J'ai bien aimé jouer à gagner une balade avec chien et chat dans un village du sud. Enfin un lot intéressant ! Je me consolerai en continuant de lire ton blog ;)

Audine a dit…

Complètement d'accord avec Martin : d'une simplicité superbe, comme d'habitude.

la Mère Castor a dit…

Il me semblait bien que j'avais reconnu la couleur du ciel. Je ne connais pas Mauguio, mais je n'en suis pas loin. Tout le monde s'en fout, et alors ?
J'aime cette évocation de la vie au village dans le sud. Le calme après la tempête.

Tulipe a dit…

Ne sois pas fâchée, Marie-Georges, je veux bien te laisser le lot. Je n'ai aucun mérite, mon village n'est pas très loin de ce village là.

Marie-Georges Profonde a dit…

Merci Tulipe :))

Jeffanne a dit…

Simple, reposant (sans jeu de mots et pour moi sans ordonnance). La beauté dans les petites choses... fort bien décrit tout cela.

soleildebrousse a dit…

Merci.
Je suis contente.
Superbe comme tu sais le faire.